Quand les feuilles commencent à tomber, la tentation est double : tout ramasser au plus vite, ou laisser faire la nature. La vérité tient entre les deux. Bien géré, le ramassage des feuilles protège la pelouse et les allées, tout en offrant une ressource gratuite pour nourrir le jardin. Voici par où commencer, sans y passer tout l’automne.
Pourquoi ramasser, et où exactement
Une couche de feuilles mortes qui reste en place sur le gazon prive l’herbe de lumière, retient l’humidité et favorise la mousse et les maladies. En quelques semaines, une belle pelouse peut jaunir par plaques sous un tapis de feuilles. Sur les allées et les terrasses, les feuilles mouillées deviennent glissantes et dangereuses, surtout pour une personne âgée. Dans les gouttières et les caniveaux, elles bouchent l’écoulement et provoquent des débordements.
Ce sont donc ces trois zones qu’il faut dégager en priorité : la pelouse, les surfaces de circulation et les évacuations d’eau. Ailleurs, on peut se montrer bien plus tolérant, et c’est là que tout se joue. Un massif ou un pied de haie recouvert de feuilles ne pose aucun problème, au contraire ; c’est surtout le gazon et les zones de passage qui réclament de l’attention, pour la santé de la pelouse comme pour éviter les chutes.
Ne pas tout ramasser : les feuilles sont une ressource
Les feuilles mortes ne sont pas un déchet, c’est de l’engrais et un abri en devenir. Plutôt que de tout évacuer, gardez-les et réutilisez-les sur place.
- En paillage : étalées au pied des massifs, des haies et des arbustes, les feuilles protègent le sol du froid, limitent les mauvaises herbes et nourrissent la terre en se décomposant.
- Au compost : mélangées aux déchets de cuisine et aux tontes, elles apportent le carbone qui équilibre un bon compost.
- En tas pour la faune : un simple tas de feuilles dans un coin tranquille offre un refuge aux hérissons, crapauds et insectes utiles pour tout l’hiver.
- En terreau de feuilles : entassées dans un coin ou un sac aéré, elles se transforment en un excellent amendement en un an ou deux.
Une astuce fait gagner beaucoup de temps : passer la tondeuse sur les feuilles sèches étalées sur la pelouse. Broyées, elles se décomposent bien plus vite et peuvent même rester sur place en fine couche, ou se ramasser d’un coup dans le bac. C’est l’occasion de faire coïncider ce nettoyage avec la dernière tonte de la saison, celle qui referme le chapitre du gazon avant l’hiver.
Les bons outils, sans se ruiner ni se casser le dos
Pas besoin d’un arsenal. Un balai à feuilles ou un râteau souple suffit pour la pelouse et les massifs, sans abîmer le gazon. Sur les grandes surfaces, un souffleur électrique fait gagner du temps, mais il est bruyant et sa puissance est parfois superflue. Une bâche pour transporter les tas et une brouette complètent l’essentiel.
Pensez à votre dos : on ratisse en gardant le buste droit, on plie les genoux pour charger, on ne remplit pas la brouette à ras. Le ramassage des feuilles est un travail répétitif qui fatigue plus qu’on ne croit, en particulier quand on prend de l’âge. Fractionner sur plusieurs passages plutôt que tout faire en une journée est souvent plus raisonnable.
Quand ramasser, et à quel rythme
Inutile de sortir le râteau au premier flocon de feuilles. Attendre que la majeure partie soit tombée évite de multiplier les passages pour rien. Dans la pratique, deux à trois grands ramassages étalés sur l’automne suffisent dans la plupart des jardins : un premier quand la chute s’accélère, un dernier une fois les arbres presque nus. Entre les deux, on dégage surtout ce qui pose problème, à savoir les allées glissantes et les feuilles collées sur la pelouse après la pluie.
Le temps joue un rôle. Des feuilles sèches se ramassent vite, se broient bien et se manipulent sans effort ; des feuilles détrempées sont lourdes, collantes et pénibles à déplacer. Autant que possible, profitez donc d’une journée sèche après quelques jours sans pluie. Et gardez un œil sur la météo : mieux vaut dégager les feuilles avant une grosse pluie ou les premières gelées, qui les transforment en tapis compact difficile à décoller du gazon.
L’automne, une saison qui ne se limite pas aux feuilles
Ramasser les feuilles n’est qu’une pièce du puzzle. L’automne est aussi le bon moment pour planter arbres et arbustes, diviser les vivaces, protéger les plantes fragiles et faire un dernier tour des zones sensibles. Dans les régions concernées, c’est encore la période où l’on vérifie que le débroussaillement réglementaire est en ordre avant la saison suivante, en évacuant broussailles et bois mort accumulés. Situer chacun de ces gestes au bon moment est plus simple quand on suit un plan de travaux mois par mois d’ensemble.
Que faire de tout ce qui ne peut pas rester au jardin ? Les branches et les gros volumes se déposent en déchèterie ou, dans beaucoup de communes, se sortent lors des collectes de déchets verts. Le brûlage des déchets verts à l’air libre est, lui, interdit dans la plupart des cas, pour des raisons de pollution et de sécurité ; renseignez-vous auprès de votre mairie sur les solutions locales.
Un dernier réflexe utile : les feuilles ne tombent pas toutes en même temps ni de la même façon. Un chêne garde ses feuilles tard et les lâche par vagues jusqu’en début d’hiver, tandis qu’un bouleau ou un tilleul se dégarnit vite. Si vous plantez de nouveaux arbres, il peut être judicieux de tenir compte de cette différence, comme de la taille adulte de l’arbre et de son ombre portée sur la maison. Ce sont des choix qui, faits une fois, allègent l’entretien pour des années.
Se faire aider pour le grand nettoyage
Le nettoyage d’automne est un pic de travail, concentré sur quelques semaines, qui tombe mal quand on manque de temps, qu’on a un grand terrain ou qu’on ne peut plus assurer ce genre d’effort. Faire appel à un jardinier déclaré ouvre droit au crédit d’impôt services à la personne de 50 % sur le petit jardinage, dans la limite d’un plafond spécifique de dépenses, plus bas que le plafond général, de l’ordre de 5 000 € par an et par foyer. L’avance immédiate de l’URSSAF permet de ne payer que la moitié restante, sans attendre.
Reste à choisir comment employer cette personne. On peut passer par une entreprise prestataire, par un service mandataire ou embaucher en direct via le CESU : chacune de ces trois façons de faire a ses avantages en matière de simplicité, de coût et de responsabilités. Un intervenant régulier, qui connaît le jardin et repasse chaque automne, finit par faire gagner un temps précieux, année après année.
Pour situer cette prestation dans une offre plus large, vous pouvez consulter nos prestations de jardinage.