Faire entrer quelqu'un chez soi pour quelques heures par semaine, ou confier un parent âgé à une auxiliaire de vie, n'est jamais anodin. Une bonne aide à domicile, c'est un soulagement durable. Une mauvaise sélection, c'est des semaines de friction et parfois des incidents qu'on aurait pu éviter. Voici les 8 vérifications à mener avant de signer.

1. La structure est-elle déclarée ou agréée ?

Toute structure intervenant en services à la personne doit posséder soit une déclaration SAP (la majorité des cas), soit un agrément préfectoral (obligatoire pour les services à des publics fragiles : enfants de moins de 3 ans, personnes âgées en perte d'autonomie, personnes handicapées).

Sans déclaration ou agrément, deux conséquences : aucun crédit d'impôt possible, et un risque accru de prestation hors cadre légal (intervenant non salarié, pas d'assurance, pas de cotisations sociales). Demandez systématiquement le numéro de déclaration SAP et l'attestation d'agrément si applicable. Vous pouvez vérifier l'authenticité sur le portail nova.travail-emploi.gouv.fr.

2. La responsabilité civile professionnelle est-elle à jour ?

Demandez l'attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle, valide pour l'année en cours. Cette assurance couvre les dégâts éventuels causés par l'intervenant : verre cassé, sol abîmé, fuite après intervention, mais aussi des dommages plus graves (vol, blessure, etc.).

Une attestation au format PDF, datée, avec le numéro de contrat et le nom de l'assureur, doit pouvoir vous être fournie en quelques heures. Si la structure tergiverse, c'est un signal d'alarme.

3. L'intervenant est-il salarié ou indépendant ?

Cela change beaucoup de choses :

  • Salarié de la structure (mode prestataire) : la structure est l'employeur, vous facturez les heures. C'est elle qui assume les contrats, congés, remplacements.
  • Salarié, vous étant l'employeur (mode mandataire) : vous restez juridiquement employeur, mais la structure gère bulletins de paie et URSSAF.
  • Indépendant (auto-entrepreneur) : c'est en principe interdit pour les services à la personne ouvrant droit au crédit d'impôt, sauf cas très spécifiques. Méfiance sur les prestataires qui vous proposent ce schéma.

Demandez un schéma écrit, qui doit être cohérent avec la facturation et le contrat.

4. Le contrat ou le devis est-il clair et écrit ?

Un bon prestataire vous propose un devis détaillé avant la première intervention, puis un contrat écrit (souvent appelé "contrat de prestations" en mode prestataire, "contrat de travail" en mode mandataire). Vérifiez :

  • Le tarif horaire, et ce qu'il inclut ou non (déplacement, fournitures, week-ends, jours fériés)
  • Le nombre d'heures et la fréquence prévue
  • Les modalités de modification ou d'annulation (préavis, frais éventuels)
  • Le périmètre exact des missions (à distinguer de ce qui est "hors mission")
  • Les modalités d'intervention en l'absence du client (clés, code, contacts d'urgence)

5. L'intervenant·e est-il formé·e à la mission ?

Un ménage hebdomadaire ne demande pas la même formation qu'un accompagnement de personne dépendante. Selon la mission, vérifiez :

  • Aide ménagère : expérience documentée, idéalement BEP CSS ou équivalent, formation produits.
  • Auxiliaire de vie : DEAES (Diplôme d'État d'Accompagnant Éducatif et Social), ADVF (Assistant De Vie aux Familles), ou équivalent ; expérience auprès de publics dépendants.
  • Garde d'enfants moins de 3 ans : CAP AEPE (Accompagnant Éducatif Petite Enfance) ou expérience structure agréée ; PSC1 (premiers secours).
  • Assistance informatique : formation technique de niveau bac+2 minimum, ou expérience documentée en SAV / dépannage.

Aucun diplôme n'est obligatoire pour la plupart des services à la personne, mais leur absence couplée à un manque d'expérience devient un risque réel. Une heure d'entretien préalable permet souvent de jauger la maturité professionnelle.

6. Y a-t-il une période d'essai prévue ?

Toute relation professionnelle nouvelle peut décevoir. Demandez à pouvoir tester sur deux ou trois interventions avant de vous engager dans la durée. Les bons prestataires acceptent ce principe, parfois avec un seuil de tarif spécifique pour la première heure ("heure de découverte").

En CESU direct, la convention collective IDCC 3239 prévoit légalement une période d'essai initiale d'un mois pour les contrats à durée indéterminée — c'est ce sur quoi vous pouvez vous appuyer.

7. Comment sont gérés les remplacements ?

Maladie, vacances, démission : votre intervenant·e ne sera pas toujours disponible. Que se passe-t-il alors ?

  • Mode prestataire : la structure organise un remplacement, idéalement sous 24-48 heures. C'est l'un des grands avantages, mais à confirmer dans le contrat.
  • Mode mandataire : la structure peut proposer une candidature de remplacement, mais c'est vous qui décidez. Continuité non garantie.
  • CESU direct : pas de remplacement organisé. C'est à vous de gérer, ce qui peut devenir critique pour un proche fragile.

Si la continuité est essentielle (auxiliaire de vie pour un proche dépendant), privilégiez fortement le mode prestataire, quitte à payer 30 % plus cher. Le coût d'une rupture de service peut être bien supérieur.

8. Quelle est la réputation réelle de la structure ?

Au-delà des avis Google, plusieurs sources d'information complètent le tableau :

  • Bouche-à-oreille local : voisins, médecin traitant, pharmacien, CCAS de la commune, mairie. Souvent les meilleures recommandations.
  • Avis Google et plateformes spécialisées : à lire avec discernement (les avis en quantité valent plus que les avis isolés positifs ou négatifs).
  • Ancienneté de la structure : Société.com ou Pappers permettent de vérifier l'année de création, le nombre d'employés, l'évolution du chiffre d'affaires. Une structure qui survit depuis 5 ans en SAP a déjà fait ses preuves.
  • Demande de références : demandez deux ou trois familles ou personnes que vous pourrez appeler. Une structure sérieuse n'aura aucun mal à vous en fournir.

Et après la signature ?

Trois bonnes pratiques pour entretenir une relation saine sur la durée :

Faites un point trimestriel avec la structure pour ajuster, signaler les bons points et les éventuels frottements. Les meilleurs prestataires demandent eux-mêmes ce rendez-vous.

Ne court-circuitez pas la hiérarchie. Si quelque chose ne va pas avec un·e intervenant·e, parlez-en d'abord à la coordination de la structure plutôt que d'imposer brutalement un changement.

Reconnaissez les bons gestes. Une intervenante qui passe deux ans chez vous mérite plus qu'un simple chèque mensuel : un mot écrit, une étrenne en fin d'année, un peu d'attention humaine. Cela ancre la relation et fidélise.

En résumé

Choisir une aide à domicile mérite l'attention qu'on porterait à un recrutement d'entreprise : on vérifie le cadre légal, on regarde l'expérience, on cadre la mission, on prévoit une période d'essai. La différence entre une structure sérieuse et une structure moyenne ne se voit pas toujours dans les premières semaines, mais elle se révèle dans les moments difficiles : remplacements rapides, gestion d'un incident, capacité à monter en compétence sur un nouveau besoin. Un peu de méthode au départ, et l'aide à domicile devient ce qu'elle doit être : un soulagement durable.

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