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Quand les entreprises se prêtent leurs salariés

Vendredi 08 Octobre 2010 - Lu 19 fois
Catégories : Actus de l'emploi

Grâce à la formule de "prêt" de salariés, l'entreprise Soitec, spécialisée dans la fabrication de plaques de silicium sur isolant, estime avoir sauvegardé 90 équivalents temps plein, alors qu'elle subissait un plan de sauvegarde de l'emploi. Avec la même méthode, Renault aurait, pour sa part, évité de 5000 à 6000 licenciements.  

Pratiquée au sein de différents sites d'un même groupe dans l'industrie, "la mise à disposition de salariés" s'est étendue avec la loi de décembre 2006. Elle peut, depuis, se pratiquer entre une entreprise privée et un établissement public. Mais c'est surtout la crise qui a donné un coup d'accélérateur à ces détachements de volontaires, lesquels ont permis d'équilibrer, de façon temporaire, les charges de travail entre plusieurs entreprises. "Freescale a prêté 21 salariés à Thales Alenia, pour des contrats de six mois à un an afin de faire face à un pic d'activité, tandis que notre production était touchée par la crise", note Michel Abitteboul, de Freescale, entreprise spécialisée dans les semi-conducteurs. "Ce sont les mêmes conditions de travail, c'est-à-dire dans des zones ultra-propres dites zones blanches, qui exigent une extrême rigueur et de la discipline. A la seule différence que les satellites remplacent les puces."  

Cette logique de complémentarité a également prévalu au pôle de compétitivité Minalogic. Celui-ci a centralisé la mise à disposition de 54 salariés, provenant de l'une ou l'autre des 126 entreprises du pôle. "La recherche, la formation et le projet collaboratif sont encouragés", note Nicolas Leterrier, délégué général de Minalogic. A condition toutefois de "ne pas agir comme un prédateur de l'écosystème et détruire de l'emploi"... dans un environnement où certaines entreprises sont concurrentes. "Les sociétés font connaître leur baisse de charge ou leur pic d'activité. La confidentialité est la clef." Cette mise à disposition a toutefois été rendue possible par "le phénomène de décalage dans le temps: la crise n'a pas frappé toutes les entreprises au même moment. L'électronique des composants a été l'une des premières activités touchées et la recherche souffre davantage aujourd'hui que l'an dernier", constate Nicolas Leterrier.  

Les inspecteurs de l'Inspection générale des affaires sociales ont décidé que la loi expérimentale du 30 décembre 2006 (article 47), qui autorise, jusqu'au 31 décembre 2010, les entités de droit public et privé à procéder à des prêts de personnels, ne sera pas prolongée. Ils préconisent de mettre en place des "conventions de projet pour l'innovation". L'idée est d'élargir les prêts de personnels des pôles de compétitivité jusqu'à maintenant tournés vers les entreprises, pour favoriser un échange entre "réseaux d'innovation et communautés de projets".

Au coeur de cette pratique, la proximité et le territoire sont des éléments essentiels. "Les salariés ne sont pas aussi mobiles que l'on peut l'imaginer, la notion de bassin est très importante", note Corinne Margot, DRH de Soitec, installée sur le pôle grenoblois. Freescale reconnaît aussi que ce transfert a bien fonctionné car l'entreprise d'accueil était également toulousaine. Renault, qui a procédé à des détachements en interne, a d'abord privilégié les sites géographiquement proches, avant de passer à des mobilités semblables en termes de production. Dans le cas d'un éloignement notable, au-delà des frais, des compensations sont accordées. Terreal, spécialisée sur les produits en terre cuite, où 55 personnes ont changé de site, a proposé un voyage de la famille pour identifier le nouvel environnement. Renault verse une indemnité forfaitaire pour compenser la gêne éventuelle.  

"Mais nous veillons à ne pas en faire des chasseurs de primes, motivation qui pourrait mettre en péril la stabilité familiale", argue Jean Agulhon, DRH de Renault France, qui a détaché au plus fort de la crise jusqu'à 980 personnes. Comme pour une expatriation, les entreprises estiment suivre de près leurs salariés. Les entretiens d'évaluation, s'ils sont réalisés par les managers locaux, sont préparés en concertation avec les RH d'origine. [...]

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