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Les métiers de la distribution en pleine évolution

Jeudi 04 Novembre 2010 - Lu 4 fois
Catégories : Actus de l'emploi

distribution.jpg Des horaires difficiles, un système de management à la dure, beaucoup d'heures de travail... La distribution a mauvaise presse. "Elle correspond pourtant à l'attente des jeunes aujourd'hui: on vous donne très vite des responsabilités, des postes de management dès que vous commencez", explique Christine Jutard, directrice des ressources humaines chez Kiabi. Et peut-être plus encore demain, car la distribution aura changé. Face aux grands défis auxquels elle sera confrontée, de nouveaux métiers vont apparaître, ou sont déjà en train de se mettre en place. Des profils qui peuvent encore sembler atypiques pour la profession sont attendus.  

Défi n° 1: Adopter définitivement les nouvelles technologies

Elles sont partout. Et elles changeront tout. C'est un bouleversement auquel se frotte doucement la distribution: l'utilisation d'Internet et de la vente à distance. Outre des managers pour animer l'équipe de "préparateurs de course" qui remplissent les cartons prêts à être livrés, l'utilisation d'Internet devrait déboucher sur la constitution d'équipes entièrement dédiées. Le Web-marketing, le geo-marketing, le trafic manager (pour assurer la gestion des campagnes de publicité en ligne), bref les métiers traditionnels précédés d'un "e", vont se multiplier. La fonction de directeur e-commerce, chargé d'orchestrer la stratégie entre distribution traditionnelle et vente en ligne, devrait gagner du terrain. "Il faut toutefois que la distribution soit prête à bien rémunérer ces profils qui ont entre 30 et 35 ans, et qui sont très recherchés", prévient Pierre Cannet, PDG de Blue Search, cabinet de recrutement spécialisé dans l'univers du digital. D'autant que la plupart des enseignes souhaitent recruter des personnes ayant déjà quatre à sept années d'expérience dans un autre secteur et qui sont parfaitement opérationnels. Fidéliser les clients sur le Web, maîtriser les réseaux sociaux pour toucher les adolescents, mais aussi et surtout inventer de nouvelles façons de vendre, de mettre en avant le produit: tout cela a un prix.  

Il faut toutefois que la distribution soit prête à bien rémunérer ces profils

Autre défi lié aux nouvelles technologies: après les bijoux ou la parapharmacie, la grande distribution cherche maintenant à être présente sur le marché du mobile. Mais comment gagner du terrain face à la concurrence des opérateurs, qui occupent déjà 64% du marché ? Pour séduire le consommateur, c'est le conseil qui fera la différence. D'ores et déjà, le secteur s'apprête à former des spécialistes ou à embaucher des pros du high-tech pour convaincre le client. Autre changement lié à l'amélioration des techniques, la gestion de conflit autour des caisses automatiques (self scanning). "On ne demandera bientôt plus au personnel de caisse de centrer leur attention sur les produits, mais plutôt de devenir superviseur de caisse et de se centrer sur les clients, explique Marie-Claire Lemaitre, directeur général du cabinet de conseil en RH Mercuri Urval. Ces salariés vont donc être amenés à remplir une nouvelle mission, la gestion de conflit. Car ce système nécessite davantage de contrôle... et on verra donc apparaître plus de contentieux avec le client !" Une grande enseigne de textile travaille également à installer des "cabines intelligentes" où le client sera virtuellement habillé devant un miroir... avec le conseil d'une vendeuse spécialisée.  

Le vieux défi de la distribution, satisfaire le client, serait-il aussi celui du xxie siècle ? Oui, répondent les responsables du secteur. De nouveaux moyens sont mis en oeuvre à cet effet : d'abord, le lieu d'achat commence à être conçu comme un lieu de vie, à l'image de Carrefour Planet enrichi de points dégustation, d'une cave à fromages, de cours de cuisine. D'où de plus en plus d'efforts accordés à la construction d'un environnement agréable, de points de vente non plus seulement animés mais véritablement "théâtralisés". Et pour lesquels certains n'hésitent pas à faire appel à un architecte d'intérieur. Du sur-mesure aussi dans les produits : des rayons plus ciblés prennent place, comme ceux du halal, du vin ou de produits gourmets. De là l'embauche de connaisseurs du Maghreb, de sommeliers qualifiés et de cuisinistes (concepteur-designer). La notion de conseil revient en force: ceux qui ont des talents de pédagogues ont toute leur place. "Il faudra des spécialistes, capables d'établir avec précision la traçabilité sociale, sociétale et environnementale des produits et de leurs filières associées, de connaître leurs impacts et de savoir les expliquer", est convaincu Olivier Dubigeon, spécialiste du développement responsable et fondateur du cabinet Sustainway. Les jeunes originaires de filières environnementales sont les bienvenus. Cette proximité avec le client se traduit aussi par une proximité territoriale: il est question de développer des initiatives citoyennes, menées avec la ville où est installée l'enseigne. Ou bien de proposer une prestation de services à la personne. D'une certaine manière, le développement du bio, à condition de se fournir au plus près, exigera aussi de bien connaître les acteurs locaux. D'où, pourquoi pas, une spécialisation : des postes d'acheteurs bio.  

Défi n° 3 Faire face à la concurrence internationale

Face à une concurrence étrangère chaque jour plus forte, la distribution va avoir de plus en plus besoin de professionnels qui permettront de rester moins cher, de maîtriser l'arrivée de produits chinois, tout en maintenant une diversité de provenance des produits.  

Le consommateur attend une vraie spécificité de traitement, il ne veut plus être considéré comme un élément de masse

En termes de métier, les globe-trotteurs multilinguistes qui dénicheront de nouvelles filières de production et seront capables de s'ouvrir à de nouveaux pays auront toutes leurs chances. "La force des Chinois réside dans la gestion des volumétries, mais cela sous-entend des volumes de produits identiques. Aujourd'hui, le consommateur attend une vraie spécificité de traitement, il ne veut plus être considéré comme un élément de masse, il sait de mieux en mieux ce qu'il recherche. Initier des tendances, surprendre par les gammes proposées, valoriser les marques - nationales ou propres - et leur valeur ajoutée ainsi que leurs atouts : voilà la réponse que peut apporter la distribution", note Marie-Claire Lemaitre.  

Pour un secteur qui a mauvaise presse, les responsables doivent réfléchir à établir un contexte de "mieux-être". Toutes les questions qui touchent à la sécurité et à l'hygiène devront être au coeur des préoccupations de la distribution. Le traitement de l'anxiété et du stress, le suivi du rythme, les arrêts de travail devront être identifiés par un responsable sensibilisé aux facteurs psycho-sociaux. La présence d'ergonomistes participera de la prévention de ces risques. L'hygiène autour des produits et des points de vente pourrait mobiliser également quelques experts réactifs, déjà intervenus lors de certaines épidémies (capables par exemple d'établir et d'appliquer des plans de continuité d'activité comme lors de la grippe A).  

Il s'agit donc de travailler mieux, et surtout différemment. Le monde de la distribution commence à adopter certains process existant déjà dans l'industrie. Exercer chacun de son côté sera bientôt révolu : vive les [...]

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