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Un Forum, des paradoxes

Mercredi 13 Octobre 2010 - Lu 38 fois
Catégories : Pyrénées Atlantique

Le télescopage ne manque pas d'ironie, même si personne ne pouvait le prévoir. « Nous travaillons sur le Forum pour l'emploi des seniors depuis trois ou quatre mois », indique la directrice de la Maison de l'emploi, Marie-Anne Delobel. Par une facétie du calendrier, il s'est tenu hier, à la salle Albizia, alors que des milliers de manifestants défilaient à Bayonne contre la réforme de retraites et la mesure de toutes les crispations : le report de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ.

Cette simultanéité n'a échappé à personne. Au-delà de toute considération sur le sauvetage du système de financement par répartition des retraites, donc de toute politique, la directrice ne peut qu'en convenir : « Vous avez raison, c'est un peu paradoxal, si l'on met en parallèle les deux événements. On incite les gens à travailler plus longtemps et en même temps on observe les difficultés des travailleurs seniors. » C'est-à-dire des 50 ans et plus.

En France, plus qu'ailleurs en Europe, elles sont patentes. Selon Pôle emploi, le taux d'emploi des 55-64 ans n'est que de 38 %, contre 46 dans en moyenne dans l'Union européenne. Au Pays basque, plus de 18 % des demandeurs d'emplois inscrits à l'ancienne Agence nationale pour l'emploi ont au moins 50 ans. « Cela représente environ 3 000 personnes. C'est beaucoup. »

Dès l'ouverture des portes de la salle Albizia, à 9 heures, une file s'étire. À 10 h 30, 300 personnes ont déjà émargé, pour rencontrer la vingtaine d'employeurs potentiels présents. « Ils ont tous des offres d'emploi à formuler. C'était une condition du Forum. » Les organisateurs (1) demandent aux derniers arrivés de patienter un moment. « Vous pouvez aller à l'espace restauration, si vous le souhaitez. Il faut que le roulement se fasse. » Marie-Anne Delobel observe l'affluence et livre un sentiment contrasté. La foule démontre la pertinence de l'initiative. « C'est aussi la preuve que la situation est difficile au plan local. »

Jean-Marie Larramendy, sa compagne Maïté et Dominique Beheran ne la contrediront pas. Les deux messieurs furent collègues de la même entreprise, Alphacam à Hasparren. « Ils ont fermé au premier janvier 2001, pour délocaliser dans d'autres régions de France. Ce matin, on est neuf anciens de la boîte. » Tous dans le cours d'un plan de sauvegarde à l'emploi. « J'ai 56 ans, dont 35 dans la même entreprise, témoigne Jean-Marie Larramendy. Je pensais pouvoir aller jusqu'à la retraite. Le destin en a décidé autrement. Je cherche un travail de comptable. »

Sa compagne a perdu son emploi dans un service de logistique, en avril dernier. « L'angoisse, ce sont les années qui restent pour avoir une retraite normale. Il me reste au moins six ans. Sans compter l'histoire de la réforme. » Dominique Beheran formule les mêmes doutes. Il acquiesce quand son camarade estime « qu'à partir de 45 ans, on reste sur le carreau quand ça se gâte dans les entreprises ». Lui est électromécanicien. « J'ai apporté une vingtaine de CV, tous en main propre. Je n'ai que des réponses négatives. Pas un seul entretien. »

Aujourd'hui, au moins, il aura quelqu'un en face, sur le Forum. Patrick Mari dirige ITE production et lance en octobre une « école dédiée au métier de patron ». Il se dit « surpris de voir autant de personnes fortement diplômées et très expérimentées ». Dans son domaine, il assure [...]

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