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Une coopérative ouvrière en Charente au succès égalitaire

Mercredi 06 Octobre 2010 - Lu 14 fois
Catégories : Charente

Ce sont de drôles d'entreprises où la voix du patron ne compte pas plus que celle de la secrétaire, et où le dirigeant peut se faire virer à tout moment. Les Scop, sociétés coopératives ouvrières de production, existent depuis 1978, mais demeurent confidentielles. Le film "Entre nos mains" qui sort aujourd'hui, aborde ce sujet du salariat égalitaire ( voir bande-annonce ci-dessous et lire ci-contre).

L'esprit militant des Scop séduit chaque année un peu moins de 10 entreprises en Poitou-Charentes. Au total, elles sont 109 dans la région. Parmi elle, l'ECF, l'École de conduite française. Au niveau national, l'entreprise Chèque Déjeuner est la vitrine de ce choix de société méconnu.

En Charente, une vingtaine d'entreprises sont sous ce régime. Scomec, entreprise de L'Isle-d'Espagnac spécialisée dans la mécanisation pour l'emballage, a fait ce choix il y a plus d'un quart de siècle. Hervé Guibert avait tout l'optimisme de ses 26 ans quand, en 1982, l'entreprise dans laquelle il travaillait a déposé le bilan. Avec quatre autres employés, ils ont décidé de monter une Scop. « C'était une solution comme une autre. Il y en avait quelques-unes aux alentours, on s'est dit pourquoi pas, et la redistribution des richesses nous faisait envie », explique l'adjoint de production de l'entreprise.

Car si une Scop est une entreprise comme une autre (SA ou SARL), une partie des bénéfices vont directement dans les poches des salariés, appelés « coopérateurs ». Chez Scomec, ce sont 45 % des profits qui bénéficient aux 18 salariés sous forme de participation, d'intéressement et d'intérêt du capital. « Quand j'ai voulu construire ma maison, j'ai pu sortir 20 000 euros », se réjouit Serge Laurent. Actuellement, c'est « un treizième-quatorzième mois » qui est reversé annuellement aux associés salariés.

Le reste demeure dans l'entreprise et permet notamment de faire le dos rond en cas de crise. Au fil des années, les réserves financières s'accumulent. Impartageables entre les salariés, elles pérennisent l'entreprise. « On vient de vivre trois années difficiles, mais on tient grâce à nos marges progressives et régulières », constate Serge Laurent. « Les vieilles Scop résistent effectivement mieux à la crise », témoigne Nicolas Picoulet, délégué régional à l'Union régionale Poitou-Charentes. Pourtant, face à la crise, l'Union régionale n'a pas enregistré davantage de transformation ou de création de Scop.

Serge Laurent, arrivé dans l'entreprise en 1996, ne connaissait rien aux Scop. Pendant douze ans, il a été fraiseur dans l'atelier qui jouxte désormais son bureau. Il y a un an et demi, il a été élu dirigeant de la société. « Je peux sauter à tout moment si les coopérateurs ne sont pas contents », s'empresse-t-il d'ajouter.

C'est une spécificité des Scop, chaque associé-salarié de la coopérative dispose d'une voix pour voter lors des assemblées générales annuelles, quel que soit le capital qu'il détient. L'entreprise est donc l'affaire de tous.

Pour devenir coopérateur chez Scomec, le salarié doit être élu par les autres associés-salariés. Les coopérateurs désignent ensuite les quatre administrateurs qui élisent eux-mêmes le dirigeant. Une fois élu, le nouveau salarié coopérateur verse une partie de son salaire jusqu'à ce que le capital de 7 400 euros soit atteint.

« Le principe des Scop est très bien, mais il faut que tout le monde tire dans le même sens. Quand tout va bien, tout le monde est content et c'est le meilleur système économique. Mais quand c'est la crise, c'est un [...]

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